Témoignage
Ma rencontre avec Gilbert Tappa (par Olivier H.)
En avril 2002, j’ai frappé à la porte d’une loge qui se nommait « In Principio », curieux des rites de Memphis-Misraïm, j’avais quitté la Grande Loge Nationale Française quelques mois plus tôt afin d’être libre de mes obligation envers celle-ci. C’était un jeune atelier composé de vieux maîtres expérimentés et toujours enthousiastes. Ils m’ont transmis le goût du travail et leur appétence pour la spiritualité. Ils m’ont transmis la curiosité intellectuelle et l’enthousiasme. La parole et les sujets abordés y étaient libres. J’ai donc ouvert ma bible, quelques ouvrages de théologie, de philosophie hindouiste, boudhiste, antique et moderne, les écrits de Pounja et de Nisargadatta, des traités d’alchimie et d’autres encore… j’ai rencontré des gens étonnants. Dans la loge, il y avait Jean qui fut longtemps mon mentor. Un homme de grande érudition dans ces domaines et je pense pouvoir dire que ceux qui l’ont connu savent qu’il savait combiner l’intelligence intellectuelle et celle du coeur. Il m’a présenté quelques personnes étonnantes qui faisaient partie de cette aventure. Il y avait François Trojani, un écrivain ésotérique, un éditeur connu qui se reconnaîtra, Luc Niolin et quelques autres… Cet atelier, « In Principio », avait fini par se soucher sur « L’Ordre Maçonnique Oriental du Régime Primitif & Rectifié de Memphis-Misraïm ». J’ai appris que cet Ordre avait été fondé par un frère nommé René Chambellant, proche de Constant Chevillon (qui à cette époque était un illustre inconnu dans le paysage maçonnique qui n’avait d’yeux que pour Robert Ambelain, nous ne jugerons pas) et ce afin de sauvegarder d’anciennes versions de rituels que ce monde en changement ne comprenait plus. J’ai appris que l’Ordre était dirigé par un frère nommé Gilbert Tappa…
Gilbert Tappa n’en était pas le grand maître mais le dépositaire et le conservateur des rituels puisque, à l'exception de Constant Chevillon lui-même et à titre posthume, il n'y avait pas de Grand Maître.
Lorsque nous étions en loge, notre frère Jean nous présentait ses fraternelles salutations. C’était lui qui nous avait accordé une patente pour avoir le droit de pratiquer le rite et c’était donc aussi grâce à lui que nous pouvions nous réunir. J’ai passé dans cette loge, les plus belles années de ma vie et il serait trop long d’en parler ici. Gilbert y était décrit comme un vieux monsieur très simple et très accessible mais pour moi il représentait l’autorité suprême… et lointaine.
Je me souviens, sur son lit d’hôpital, de lui avoir raconté cette anecdote : « Non mais ce que tu ne sais pas et que tu n’as pas pu voir, c’est que la première fois que tu m’a téléphoné, juste comme ça pour me dire bonjour, je m’y attendais tellement peu, j’ai été tellement surpris que je t’ai claqué un grade-à-vous ! ». Il a ri de bon coeur, il n’en avait plus tellement l’occasion à ce moment là, et surtout, il s’en moquait bien des garde-à-vous. Il était comme ça, Gilbert.
Et c’est comme ça que suite à cette première conversation, nous avons pris l’habitude de prendre de nos nouvelles. Les appels téléphoniques sont devenus de plus en plus longs et de plus en plus fréquents. Nous discutions de franc-maçonnerie, bien sûr, mais surtout de religion, de Dieu, de spiritualités diverses et de sujets plus légers afin de ne pas paraître trop ennuyeux. Je crois qu’on parlait surtout de choses légères mais je ne peux pas trop l’écrire.
Mais ma première véritable rencontre avec Gilbert est arrivée le 02 octobre 2005 lorsqu’il décida de reformer le Souverain Sanctuaire de l’Ordre (il s’agit de la structure qui chapeaute l’ensemble des loges). Gilbert avait décidé d’intégrer de nouveaux frères et sœurs au sein du Souverain Sanctuaire et avait réuni tout ce beau monde à Nice. Comme j’étais un jeune maître, je n’avais pas pris part à cet événement, j’étais juste convié aux agapes. A l’heure du rendez-vous, en entrant dans le restaurant, il y avait le frère Georges Pommier, la sœur Laurence B :., Jean, Claire et Gilbert.
Gilbert était arrivé d’Aix-les-Bains. C’était un vieux monsieur, très mince, avec une longue barbe blanche et de longs cheveux blancs, une sorte de Saroumane dans une version plus lumineuse. Le regard doux mais néanmoins sévère auquel aucun détail ne semblait échapper. Durant sa jeunesse, il avait été photographe mais surtout éditeur. Fondateur, avec son ami Claude Boumendil, des éditions Belisane, il possédait une bibliothèque impressionnante dont je n’avais à ce moment là que seulement entendu parler. Peut-être pas aussi impressionnante que l’était son apparence.
Quelques années plus tôt, Gilbert avec subit un grave accident. Lorsqu’il avait quitté la région de Nice pour prendre sa retraite, tandis qu’il remontait de nuit vers sa ville natale d’Aix-les-Bains, le conducteur d’un camion qui s’était endormi au volant avait roulé sur sa voiture…
Claire, qui devait le rejoindre, avait voyagé en train mais une fois arrivée à la gare d’Aix-les-Bains, Gilbert n’était pas venu la chercher.
Gilbert n’était jamais vraiment ressorti de cet accident. D’ailleurs, il n’en est ressorti que deux ou trois ans plus tard après au moins un an de lit et deux de rééducation et la colonne vertébrale déformée.
Il est dit dans de nombreuses traditions religieuses et mythologiques que le corps des initiés porte la trace visible d’une rencontre avec l’invisible. Ainsi, Jacob était boiteux, Moïse était bègue, Harry Potter porte une cicatrice. Gilbert aussi était marqué. Etait-ce celle d’une expérience spirituelle qui transformait ses blessures en pouvoir ou en vocation ? Cette marque était-elle le symbole médiateur entre le profane et le sacré ? Toujours est-il que Gilbert avait sa marque. Je me suis parfois demandé qu’elle serait la mienne… et je ne suis toujours pas pressé de le savoir.
L'entourage de Gilbert a connu des évolutions contrastées. Son parcours, marqué par le handicap et une certaine solitude, a malheureusement parfois attiré des personnes plus intéressées par les connaissances qu'il pouvait partager que par une relation authentique.
Certains, après avoir bénéficié de son enseignement, ont pris leur distance sans marquer de reconnaissance, oubliant que la transmission véritable s'accompagne naturellement de gratitude et de respect.
Si des actions collectives ont pu être menées pour préserver une harmonie générale, le soutien apporté à Gilbert en tant qu'individu n'a, quant à lui, pas toujours été à la hauteur des principes affichés.
Cette expérience nous rappelle avec humilité que la valeur d'un enseignement ne réside pas dans son acquisition, mais dans la manière dont il est accueilli, honoré et partagé dans un esprit de bienveillance et d'intégrité.
Par la suite, je fus invité à me rendre à Aix-les-Bains. Je m’y suis rendu deux à trois fois par an. Lorsque j’arrivais à l’hôtel situé en face de la Poste, Gilbert me rejoignait et mon séjour commençait par un repas à la brasserie de la Poste qui aujourd’hui n’existe plus. Puis nous nous rendions à son domicile. Ce dernier, véritable caverne d’Ali-baba pour ceux qui s’y intéressent, regorgeait de vieux livres, de ceux qu’il avait édité - plus de 4000 - de documents et parchemins. Je me souviens d’un diplôme signé de la main de Gérard Encausse (Papus pour les intimes), d’un autre, de 33ème degré du REAA délivré par le DH à René Chambellant, etc. … Je ne sais pas où ont fini ces documents mais leur place à présent devrait être dans un fond de bibliothèque avant de finir Dieu seul sait où. Parfois, on en retrouve sur internet…
Durant ces visites, le seul regret que j’ai est de ne pas avoir enregistré les heures de conversations entre Gilbert, Claire et moi. J’arrivais chez lui tôt le matin, nous mangions ensemble et je ne repartais qu’à la nuit tombée. Jusqu’au lendemain. Jusqu’à mon départ. Et même si je me souviens de nos échanges, il aurait été intéressant de l’entendre parler de Franc-Maçonnerie, de Martinisme et de ces autres sujets. J’aurais été à bonne école.
Au cours d’une de mes visites, Gilbert m’a demandé de rentrer au Souverain Sanctuaire de l’Ordre. C’est ainsi que le 20 juin 2010 je suis devenu membre du Souverain Sanctuaire.
Par un matin froid d’hiver 2013, alors qu’il faisait encore nuit, Gilbert m’avait appelé. Sa voix était très faible. Il me disait qu’il sentait ses forces le quitter. Très clairement, il m’a demandé si je me sentait de le remplacer à la direction de l’Ordre. J’ai compris assez vite le sens de sa demande : il souhaitait que je le remplace quand il ne serait plus là. Ce genre de demande, c’est comme lorsqu’un ami vous propose de devenir le parrain de ses enfants : on ne refuse pas, on accepte et on prend ses responsabilités.
En retournant sur Aix-les-Bains, nous avons signés quelques documents, Claire me transmit le Rite Féminin de l’Ordre ainsi qu’à une sœur et aussi « un secret concernant la filiation ».
Dans les dernières années de vie de Claire et Gilbert, le poids de la solitude s’est souvent fait sentir. Pourtant, au cœur de cette épreuve, deux présences fidèles se sont distinguées par leur engagement inlassable : Myriam D. et Nicole B..
Leur accompagnement ne fut pas une simple succession de visites, mais une véritable démonstration de fraternité vécue. Elles ont su mettre en œuvre une compétence humaine et relationnelle précieuse, alliant efficacité pratique et délicatesse du cœur. Leur pugnacité, leur constance et leur dévouement ont allégé un quotidien difficile, apportant à Claire et Gilbert une chaleur de présence que ni les institutions ni les dispositifs officiels, ni même nos institutions "fraternelles" ne sauraient remplacer.
En elles, nous voyons le témoignage concret de ce que signifie « prendre soin » : non seulement accomplir des gestes utiles, mais surtout être là, fidèlement, dans la durée, même lorsque tout semble se déliter. Leur exemple nous rappelle que la fraternité n’est pas un mot abstrait, mais une force incarnée, patiente et courageuse. De plus, il ne faut pas se leurrer : la fraternité est féminine !
C’est pourquoi il convient aujourd’hui de leur rendre hommage : à Myriam et Nicole, merci pour cette humanité tenace, pour cette générosité agissante qui honore la mémoire de Claire et Gilbert, et qui nous rappelle à tous ce que veut dire être véritablement proche de l’autre.
En 2014, nous avons créé un atelier sous le vocable de « Hodos ». J’ai eu la joie de l’installer, non pas en tant que chef de l’Ordre mais en qualité d’installateur mandaté par Gilbert.
Claire est partie pour l’Orient Éternel en 2013. Gilbert l’a rejoint en 2016. Ils restent présent dans nos cœurs.
Olivier H:., 28 août 2025
Testimony
Meeting Gilbert Tappa (by Olivier H.)
In April 2002, I knocked on the door of a lodge called "In Principio", curious about the rites of Memphis-Misraïm, I had left the French National Grand Lodge a few months earlier in order to be free from my obligations towards it. It was a young workshop composed of old, experienced and always enthusiastic masters. They transmitted to me the taste for work and their appetite for spirituality. They transmitted to me intellectual curiosity and enthusiasm. The speech and the subjects discussed there were free. So I opened my Bible, some works of theology, Hindu, Buddhist, ancient and modern philosophy, the writings of Pounja and Nisargadatta, treatises on alchemy and others… I met amazing people. In the lodge, there was Jean who was my mentor for a long time. A man of great erudition in these fields and I think I can say that those who knew him know that he knew how to combine intellectual intelligence and that of the heart. He introduced me to some amazing people who were part of this adventure. There was François Trojani, an esoteric writer, a well-known publisher who will recognize himself, Luc Niolin and a few others... This workshop, "In Principio", had ended up being based on "The Oriental Masonic Order of the Primitive & Rectified Regime of Memphis-Misraïm". I learned that this Order had been founded by a brother named René Chambellant, close to Constant Chevillon (who at that time was a complete unknown in the Masonic landscape who only had eyes for Robert Ambelain, we will not judge) and this in order to safeguard old versions of rituals that this changing world no longer understood. I learned that the Order was led by a brother named Gilbert Tappa…
Gilbert Tappa was not the Grand Master, but rather the custodian and guardian of the rituals, since, with the exception of Constant Chevillon himself, and posthumously, there was no Grand Master.
When we were in the lodge, our brother Jean would offer us his fraternal greetings. It was he who had granted us a license to practice the rite, and it was also thanks to him that we were able to meet. I spent the best years of my life in that lodge, and it would take too long to talk about them here. Gilbert was described as a very simple and approachable old gentleman, but for me, he represented the supreme authority… and a distant one.
I remember, in his hospital bed, telling him this anecdote: "What you don't know and what you couldn't see is that the first time you called me, just like that to say hello, I was so surprised that I gave you a rank boost!" He laughed heartily; he didn't have much opportunity at that point, and above all, he didn't care about the attentions. That's how Gilbert was.
And that's how, after that first conversation, we got into the habit of checking in on each other. The phone calls became longer and longer and more and more frequent. We discussed Freemasonry, of course, but mostly religion, God, various spiritualities, and lighter topics so as not to appear too boring. I think we mostly talked about lighthearted things, but I can't write it down too much.
But my first real encounter with Gilbert came on October 2, 2005, when he decided to reform the Sovereign Sanctuary of the Order (the umbrella structure for all the lodges). Gilbert had decided to integrate new brothers and sisters into the Sovereign Sanctuary and had gathered all these wonderful people in Nice. As I was a young master, I didn't take part in this event; I was simply invited to the feast. At the time of the meeting, as we entered the restaurant, there were Brother Georges Pommier, Sister Laurence B., Jean, Claire, and Gilbert.
Gilbert had arrived from Aix-les-Bains. He was an old gentleman, very thin, with a long white beard and long white hair, a sort of brighter version of Saruman. His gaze was gentle yet stern, and no detail seemed to escape his notice. In his youth, he had been a photographer, but above all a publisher. Founder, with his friend Claude Boumendil, of the Belisane publishing house, he owned an impressive library, the likes of which I had only just heard of at the time. Perhaps not as impressive as his appearance.
A few years earlier, Gilbert had suffered a serious accident. When he left the Nice region to retire, while driving back to his hometown of Aix-les-Bains at night, a truck driver who had fallen asleep at the wheel ran over his car…
Claire, who was supposed to join him, had traveled by train, but once they arrived at the Aix-les-Bains station, Gilbert hadn't come to search for.
Gilbert never really recovered from this accident. In fact, he only came out two or three years later, after at least a year in bed and two of rehabilitation.
It is said that in many religious and mythological traditions, the bodies of initiates bear the visible trace of an encounter with the invisible. Thus, Jacob was lame, Moses stuttered, Harry Potter bears a scar. Gilbert, too, was marked. Was it the mark of a spiritual experience that transformed his wounds into power or a vocation? Was this mark the symbol mediating between the profane and the sacred? The fact remains that Gilbert had his mark. I sometimes wondered what it would be like… and I'm still in no hurry to find out.
Gilbert's entourage is known for its contrasting developments. His journey, marked by disability and a certain loneliness, unfortunately sometimes attracted people more interested in the knowledge he could share than in a genuine relationship.
Some, after receiving his teachings, distanced themselves without showing appreciation, forgetting that true transmission is naturally accompanied by gratitude and respect.
While collective actions may have been taken to preserve general harmony, the support provided to Gilbert as an individual has not always lived up to the stated principles.
This experience humbly reminds us that the value of a teaching lies not in its acquisition, but in the way it is received, honored, and shared in a spirit of kindness and integrity.
Subsequently, I was invited to go to Aix-les-Bains. I went there two or three times a year. When I arrived at the hotel opposite the Post Office, Gilbert would join me, and my stay began with a meal at the Brasserie de la Poste, which no longer exists. Then we would go to his home. The latter, a veritable treasure trove for those interested, was brimming with old books, including those he had published—over 4,000—documents and parchments. I remember a diploma signed by Gérard Encausse (Papus to his friends), another, a 33rd degree of the REAA awarded by the DH to René Chambellant, and so on. I don't know where these documents ended up, but they should now be in the back of a library before ending up God knows where. Sometimes you find them on the internet...
During these visits, my only regret is not having recorded the hours of conversations between Gilbert, Claire, and me. I would arrive at his place early in the morning, we would eat together, and I wouldn't leave until nightfall. Until the next day. Until I left. And even though I remember our exchanges, it would have been interesting to hear him talk about Freemasonry, Martinism, and these other subjects. I would have been well-informed.
During one of my visits, Gilbert asked me to join the Sovereign Sanctuary of the Order. A few days later, I became a member of the Sovereign Sanctuary.
On a cold winter day in 2013, while it was still dark, Gilbert called me. His voice was very weak. He told me that he felt his strength was leaving him. Very clearly, he asked me if I felt like replacing him as head of the Order. I quickly understood the meaning of his request: he wanted me to replace him when he was no longer here. This kind of request is like when a friend asks you to become their children's godfather: you don't refuse, you accept and take responsibility.
Returning to Aix-les-Bains, we signed a few documents. Claire passed on the Order's Feminine Rite to me and to a sister, as well as "a secret concerning the lineage."
In the final years of Claire and Gilbert's lives, the burden of loneliness was often felt. Yet, at the heart of this ordeal, two faithful presences stood out for their tireless commitment: Myriam D. and Nicole B.
Their support was not a simple succession of visits, but a true demonstration of lived fraternity. They demonstrated valuable human and relational skills, combining practical efficiency with tenderness of heart. Their tenacity, their consistency, and their dedication have eased a difficult daily life, bringing Claire and Gilbert a warmth of presence that neither institutions nor official arrangements, nor even our "fraternal" institutions, can replace.
In them, we see concrete evidence of what it means to "care": not only to perform useful gestures, but above all to be there, faithfully, over time, even when everything seems to be falling apart. Their example reminds us that sisterhood is not an abstract word, but an embodied, patient, and courageous force. Moreover, let's not kid ourselves: sisterhood is feminine!
That is why it is fitting today to pay tribute to them: to Myriam and Nicole, thank you for your tenacious humanity, for your active generosity that honors the memory of Claire and Gilbert, and reminds us all what it means to be truly close to others.
In 2014, we created a workshop called "Hodos." I had the joy of installing it, not as head of the Order, but as an installer commissioned by Gilbert.
Claire left for the Eternal Orient in 2013. Gilbert joined her in 2016. They remain in our hearts.
Olivier H:., August 28, 2025